5 erreurs fiscales fréquentes des entrepreneurs au Québec

Entre les dépenses d’entreprise, les retraits d’argent, les acomptes provisionnels et les décisions corporatives, la fiscalité d’une entreprise peut rapidement devenir complexe.

Certaines erreurs semblent anodines au départ, mais peuvent entraîner de mauvaises surprises au moment de produire les déclarations fiscales — ou quelques années plus tard lors d’une vérification ou d’une transaction.

Voici 5 erreurs fiscales fréquentes chez les entrepreneurs québécois et, surtout, pourquoi il vaut mieux les éviter.

1. Mélanger les dépenses personnelles et celles de l’entreprise

Avoir une société ne transforme pas toutes vos dépenses en dépenses déductibles.

En règle générale, une dépense doit notamment avoir été engagée dans le but de gagner un revenu d’entreprise et être raisonnable pour pouvoir être déduite. Les dépenses personnelles ne deviennent donc pas déductibles simplement parce qu’elles ont été payées avec la carte de crédit de la société.

Cette distinction est particulièrement importante pour les dépenses qui peuvent avoir une utilisation à la fois personnelle et professionnelle : véhicule, téléphone, repas, déplacements, bureau à domicile, etc.

Lorsqu’une société paie certaines dépenses personnelles d’un actionnaire, des règles concernant les avantages aux actionnaires peuvent également s’appliquer.

Le bon réflexe : séparer le plus possible les transactions personnelles et celles de l’entreprise, puis conserver une justification claire des dépenses réclamées.

2. Réclamer des dépenses sans conserver les pièces justificatives

Une dépense peut être parfaitement légitime… mais encore faut-il être capable de la démontrer.

L’Agence du revenu du Canada précise que les dépenses d’entreprise doivent être appuyées par des documents comme des factures, reçus, contrats ou autres pièces justificatives.

Une bonne tenue de livres n’est donc pas seulement une tâche administrative.

Elle permet de justifier les dépenses réclamées, de mieux suivre la rentabilité de l’entreprise et de faciliter considérablement la préparation des déclarations fiscales.

Attendre à la fin de l’année pour tenter de reconstituer plusieurs mois de transactions augmente inutilement le risque d’erreurs.

3. Retirer de l’argent de la société sans vérifier comment le retrait sera traité

Le compte bancaire d’une société incorporée n’est pas simplement une extension du compte personnel de son actionnaire.

L’argent retiré d’une société peut notamment être versé sous forme de rémunération, de dividendes ou, dans certaines circonstances, être inscrit comme une somme due par l’actionnaire.

Or, les prêts ou dettes d’un actionnaire envers sa société sont assujettis à des règles fiscales particulières. Selon les faits, le montant du prêt ou certains avantages liés à celui-ci peuvent avoir des conséquences fiscales pour l’actionnaire.

Les dividendes ont également leur propre traitement fiscal et constituent un revenu provenant des actions détenues dans une société.

Avant de retirer une somme importante de votre société, il est donc préférable de savoir comment ce retrait sera structuré et déclaré.

4. Oublier de prévoir les acomptes provisionnels

Une entreprise rentable peut devoir verser de l’impôt avant même la production de sa déclaration annuelle.

Au Québec, une société peut notamment devoir effectuer des acomptes provisionnels lorsque l’impôt et certaines taxes visées dépassent les seuils prévus.

Revenu Québec indique qu’une société doit généralement verser des acomptes provisionnels si le total de l’impôt et de la taxe sur le capital à payer pour l’année courante et celui de l’année précédente dépassent chacun 3 000 $.

Ne pas prévoir ces sommes dans les liquidités de l’entreprise peut créer une pression financière inutile.

Une entreprise peut être rentable sur papier tout en se retrouvant à court de liquidités lorsqu’arrivent les paiements d’impôt, les taxes ou les acomptes.

La fiscalité devrait donc faire partie des prévisions de trésorerie, et non être considérée uniquement à la fin de l’année.

5. Attendre qu’une transaction soit imminente avant de faire de la planification fiscale

C’est probablement l’une des erreurs les plus coûteuses.

Un entrepreneur consulte parfois un fiscaliste seulement lorsqu’une vente d’entreprise, une acquisition, un transfert ou une réorganisation est pratiquement conclu.

À ce moment, certaines options peuvent être limitées.

Une planification réalisée en amont permet plutôt d’évaluer différentes possibilités avant que les décisions importantes soient prises.

Cela peut être particulièrement pertinent lorsqu’on envisage une vente d’entreprise, l’intégration d’un nouvel actionnaire, une réorganisation corporative, un transfert à la relève ou une acquisition.

En fiscalité, la meilleure stratégie est souvent celle qu’on peut mettre en place avant que la transaction soit signée.

La fiscalité ne devrait pas être une réflexion de fin d’année

Une bonne planification fiscale ne consiste pas simplement à chercher des déductions quelques semaines avant la production des déclarations.

Elle devrait évoluer avec l’entreprise.

Croissance, nouveaux investissements, accumulation de liquidités, changement dans l’actionnariat, acquisition d’un immeuble ou projet de vente : chacun de ces événements peut être une bonne occasion de revoir la structure fiscale.

L’objectif n’est pas seulement de respecter les obligations fiscales.

C’est aussi de s’assurer que la structure de l’entreprise continue de correspondre aux objectifs de l’entrepreneur.

Vous vous questionnez sur votre structure corporative ou sur les conséquences fiscales d’une décision importante?

Partenariat Fiscal accompagne les entrepreneurs partout au Québec dans leur planification fiscale, leurs réorganisations et leurs transactions.

Sources

Agence du revenu du Canada — Dépenses d’entreprise et tenue des registres : règles générales concernant les dépenses raisonnables engagées afin de gagner un revenu et les pièces justificatives à conserver.

Agence du revenu du Canada — Avantages et prêts aux actionnaires : traitement fiscal de certains avantages, prêts et dettes accordés en raison de la qualité d’actionnaire.

Revenu Québec — Impôt des sociétés : renseignements concernant les acomptes provisionnels et les obligations fiscales des sociétés.

Les renseignements présentés dans cet article sont de nature générale et sont fournis à titre informatif seulement. Ils ne constituent pas un avis fiscal, comptable ou juridique. Chaque situation doit être analysée selon ses faits particuliers.

Dernière mise à jour : août 2026